Last night

I thought about a home for us

a little house with a garden, and trees and birds

a fire place in the main room

windows painted in white, and wood and lights

I thought about a large bedroom

alongside the river, and we’ll hear the waters, and breath and toads

 

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Vilhelm Hammershøi

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Seule-ment

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Déjouer la poisse

à moins que ce ne soit toi qui ait appelé le noir

La paroi semble glisser sans cesse

Rien n’adhère, les doigts n’attrapent rien, les bras ne retiennent rien

Tu es passée sous l’échelle

Tu as croisé le chat noir

Où sont partis tes amants ?

Qu’est-ce qui bouge encore en toi, autour de toi

Qu’est-ce qui te ferme les yeux, le soir

Où as-tu mis la main en t’endormant

Vers qui s’est tourné ton visage cette nuit ?

Tu as gardé l’oreiller, vide, à côté du tien, fidélité débile et indélébile.

 

Cette nuit

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Cette nuit, je me suis vu courir sur un chemin poussiéreux. Je courais et courais, il faisait très chaud. À droite, un champ, sans fin, de fleurs jaunes et rouges qui bougeaient sous le vent, par vagues. Je courais, ton bras droit dans mes bras. Il semblait immense et lourd, ta main vers mon visage, le reste ballottant le long de mon corps. Il était sectionné juste sous l’épaule, des morceaux de chair pendaient, mais il n’y avait pas de sang, non pas de sang. Et je courais, courais, je portais une jupe blanche avec des tournesols qui se déformaient avec le mouvement de mes jambes. Je tournais la tête toujours à gauche puis derrière moi. Je ne sais pas ce qu’il y avait à gauche, mais de là venaient des bruits de machines. J’avais les cheveux longs, des mèches se collaient sur mon visage, et je courais, courais, tenant ton bras droit dans mes bras. Éperdument.

 

 

Photo: Harry Callahan – Detroit, 1941

Mécanique quantique

Je marche dans l’obscurité qui s’efface

Rien ne sort de la bouche

que le souffle embué

Certaine que je suis

vivante

Je me répète

sois certaine que tu es

vivante

dans cette obscurité

qui s’efface

Même cachée

comme une part de toi

que tu n’assumerai pas

Je reste droite et tendue et lumineuse

dans ma propre

phosphorescence

au bord de mon cœur dérangé

la peau rêveuse.

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Julian Mandel